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 Le revers de la médaille [Volume 3]

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Lauren Andrews
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MessageSujet: Le revers de la médaille [Volume 3]   Jeu 3 Nov - 0:27

Lauren marchait d'un pas vif dans les rues de New-York, l'étroitesse de son tailleur ne gâchant en rien la rapidité de ses pas et permettant d'attirer les regards des maris hypocrites et des femmes jalouses. Elle s'en fichait bien, mais cela n'empêcha pas pour autant un sourire suffisant (tellement digne de son père) de franchir la barrière de ses lèvres de glace. Ce que les gens pouvaient être débiles. S'intéresser aux émotions des autres n'était qu'une perte de temps, une faiblesse qu'il fallait à tout pris éviter. C'était bien la seule chose qu'elle reconnaissait à son idiot de paternel.

Oui, Lauren en voulait -plus que d'habitude s'entend- à celui qui lui avait donné la moitié de ses gênes. L'opération de défense de la CIA s'était soldée par un échec cuisant, non seulement parce que les prisonniers étaient parvenu à s'enfuir, mais également parce que le labo de Carl avait été cambriolé. Evidemment, cet entêté n'avait pas voulu l'écouter quand elle lui avait conseillé de renforcer la sécurité et sa vanité et son orgueil avaient pris un revers bien mérité. Si cela n'avait pas été aussi grave pour l'Agence, Lauren en aurait ri à coeur joie face à son père. Mais malheureusement c'était un trop gros problème pour faire de l'humour.

La seule satisfaction de Lauren Andrews sur cette mission résidait dans le fait qu'elle avait vonlontairement -et avec un succès apparent- mis de l'eau dans le gaz entre Aaron et Thalia. Vu le regard noir que lui avait jeté l'Argentine avant de parvenir à prendre les voiles, la blonde avait forcément marqué un point, et de taille.

Le temps était venu de vérifier son oeuvre.

Seule (il était de toutes façons hors de question qu'elle travaille avec Casey avant un moment, Lauren n'a pas le pardon facile -ni quoi que ce soit d'autre à part la froideur, soyons honnêtes), notre espionne de haut-rang avait donc décidé de se rendre dans la Grande Pomme, pour en apprendre un peu plus sur l'avancée des relations entre ses deux « chers » compères. Elle avait récemment appris qu'un nouvel atout était rentré en faction, et elle avait hâte de voir comment Thalia allait bien pouvoir se débrouiller avec tout ça...

Un sourire glacé mais satisfait naquit sur son visage. Qu'il était plaisant de savoir que la vie de l'Argentine n'était pas aussi rose qu'elle voulait le faire croire, et qu'il était rafraîchissant de se dire que l'on en était en partie la cause...

Le cerveau de la blonde tournait à plein régime sur la manière dont elle allait provoquer la suite des évènements, alors qu'elle traversait la rue de façon mécanique...
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Sacha "Chess" Cheshire

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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Lun 28 Nov - 14:51

Ah! New York et ses rues achalandées! Que cela soit sur les trottoires ou dans la rue, l'activité vrombissante ne semblait connaître aucun répit. Même que, parfois, elle semblait exponentielle! Les voitures filaient à toute allure, leur conducteur parfois pressé par un rendez-vous ou une réunion quelconques ; les gens marchaient d'un pas raide et décidés, souvent l'oreille collé à leur cellulaire, tentant en vain de faire plusieurs choses en même temps. Ils cherchaient à sauver du temps qu'ils disaient. Mais le Temps n'a aucun maître, le Temps ne peut-être ni contrôlé ni être "sauvé" puisqu'il passe sans demander son rester. Mais ça, seul Chess semblait le comprendre.

Le SDF vagabondait dans les rues. Aujourd'hui, il avait décidé de prendre l'air... tout en observant les ébats sexuels d'un couple dans une chambre d'hôtel, d'observer un concours de câlage de bière dans un party, de discuter avec un autre itinérant dans une ruelle, de prendre un café sur une térasse, et plus encore... Chess était là où il devait être, car le Temps passait, cynique et égoïste, sans attendre personne ni ralentir. Il gardait le même rythme et seuls les plus chanceux pouvaient le suivre. Par contre, il ne vallait pas trébucher, sinon, c'était la Grande Faucheuse qui nous rattrapait. Et là encore, personne ne semblait plus le comprendre que Chess.

Prenons un exemple. Cette femme, là. Vêtue d'un tailleur serrée et le visage démontrant un mélange de sentiments contradictoires, mais au final satisfaisant, se peignait sur son visage. C'était sans aucun doute, une femme très importante. Assez importante même pour Chess la suive pendant une bonne dizaine de minute. Et comme il s'y attendait, cette femme, trop pressée par le Temps, tellement pressée qu'elle cherchait à le dépasser, trébucha et les mains de la Faucheuse se détendirent pour la rattraper.

Dans un saut presque surhumain et d'une agilité incroyable, Chess saisit le pognet de Lauren et la tira en arrière au moment où le camion de livraison passait dans la rue. Une seconde de plus et Lauren se serrait retrouvée à différents endroits sur le pavé, au plus grand désarois des passants, peut-être à l'horreur de certains. Mais le SDF s'était trouvé au bon endroit, au bon moment. Encore. Comme toujours. Fidèle à son habitude. Le jeune homme lâcha Lauren et lui fit un clin d'oeil tandis que son grand sourire l'illuminait.

-Fais attention ma chère, ton Temps n'est pas encore terminé, dit-il avant de traverser la rue, d'un pas assez lent pour que la femme le rattrape une fois sortie de sa torpeur.
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Lauren Andrews
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Lun 28 Nov - 19:35

Le cerveau de la blonde tournait à plein régime sur la manière dont elle allait provoquer la suite des évènements, alors qu'elle traversait la rue de façon mécanique...

Lorsque Lauren réalisa que le camion de livraison allait bien trop vite pour qu'elle ait le temps de traverser, il était trop tard. Malgré toutes les analyses qu'elle pouvait faire de la situation, elle ne voyait aucun moyen de s'en sortir. A moins que, l'espace entre le bitume et le bas du camion était assez important pour qu'elle puisse s'y glisser...

Les réflexions de la blonde n'avaient pas pris plus d'une demi-seconde. Et pourtant elle ne s'applatit pas au sol, loin de là. Avant qu'elle puisse réagir, une main lui aggripa le poignet et la tira en arrière, la faisant revenir sur le trottoir alors que certaines de ses mèches blondes laissées à l'air libre entraient en contact avec la tôle du camion, témoins de plus qu'elle n'était vraiment pas passée loin. C'est son père qui aurait été heureux...

Elle sentit plus qu'elle ne vit la pression sur son poignet se réduire. Lauren se tourna alors vers l'homme qui l'avait retenue.Une apparence négligée, un sourire hors normes, un visage étrange... Elle ne le connaissait pas. Mais elle savait que le contraire n'était pas forcément vrai. Dans son métier, il était plus que de rigueur de se méfier des inconnus...

-Fais attention ma chère, ton Temps n'est pas encore terminé, dit-il avant de traverser la rue, d'un pas assez lent pour que la femme le rattrape une fois sortie de sa torpeur.

Les sourcils de la femme se froncèrent. Il n'avait rien pour lui, et pourtant parlait d'une façon énigmatique qui faisait croire qu'il en savait plus que ce qu'il voulait bien en dire. Et cette façon de ralentir volontairement de manière à ce qu'elle n'ait pas de problème à le rattraper... Cet homme voulait qu'elle le suive.

La question était de savoir si il était sage de le faire ou non.

Lauren avait eu de nombreuses expériences avec toutes sortes de gens durant ses années d'espionnage. Assez pour pouvoir se sortir de situations plus ou moins désagréables. Elle n'était pas la meilleure espionne de la CIA pour rien.

Elle se décida rapidement. Personne ne l'attendait à l'UHCB, elle comptait plutôt sur l'effet de surprise. Elle suivrait cet homme, et si jamais la situation s'envenimait, elle s'évaporerait.

Comment le saurait-elle me diriez-vous ? Elle était une agente de terrain entraînée et mille fois expérimentée. Son instinct ne la trompera pas.

Elle traversa donc à son tour, en prenant bien garde de regarder des deux côtés pour ne pas se faire écraser cette fois, et rattrapa rapidement l'étrange homme vêtu de guenilles qui souriait toujours.

« Je n'ai pas peur de la mort. » dit-elle, d'un ton calme et résigné, regardant droit devant elle. Si Chess n'avait pas été à ses côtés, on aurait bien pu croire qu'elle se parlait à elle-même. Sauf que Lauren Andrews n'était pas atteinte de ce genre de folie.

« Qui êtes-vous, et que me voulez-vous ? »

Directe et froide, comme toujours, même dans les relations qu'elle pouvait se faire dans la rue, Lauren gardait une professionnalité à toute épreuve. Et après tout, cet homme était peut-être un contact d'une de ses anciennes taupes, venu prendre le relais. Il n'y avait qu'un seul moyen de vérifier.
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Sam 24 Déc - 0:05

Chess déambulait sur le trottoir, regardant ici et là, sans se soucier de rien. Son sourire hilare et son air niais pouvaient aisément le faire passer pour un idiot ou même un jeune adulte sous les effets de drogues. De plus, ses guenilles ne faisaient qu'accentuer cette image peu promettante. Les gens évitaient de croiser son regard et préféraient le contourner lorsqu'ils passaient tout près de lui. Mais qu'est-ce que cela pouvait bien faire au SDF? Il était ce qu'il était, peu importe ce qu'on pensait de lui. De toute façon, les seules personnes dignes d'intérêt étaient celles qui osaient l'aborder. Comme cette femme justement...

« Je n'ai pas peur de la mort. » dit-elle sur un ton calme et résigné qui titilla à l'oreille de Chess.

De plus, le son de sa voix attira le regard du junkie. Il tourna son cou dans sa direction, arborant presqu'un air surpris, comme s'il avait complètement oublié l'existence de celle qu'il venait tout juste de sauver. Mais ses yeux exprimaient une autres lueurs : celle de l'excitation enfantine qu'on a le jour de Noël. (HJ: mdr!) Il se délectait de voir cette femme à ces côtés. La seule surprise qu'il aurait pu exprimée était de voir à quel point elle l'avait rattrapé rapidement. Chess avait pensé qu'elle le suivrait un peu avant de prendre une décision, en bonne espionne qu'elle était... Mais bon, Chess ne pouvait avoir raison sur tout! Ce fut donc avec une réelle satisfaction qu'il reprit une cadence normale tout en écoutant la suite de ce que la blonde avait à dire :

« Qui êtes-vous, et que me voulez-vous ? »

Ces mots furent lancés de façon détachée, avec une froideur calculée et sans détours. Et dans le grand respect du personnage de Lauren. Cela fit rire doucement le SDF. Cette coquille, ce mur qu'érigeait la femme devant elle n'était qu'une vulgaire protection pour ne pas être blessée. Mais de quoi avait-elle peur exactement ? Ça, Chess n'allait pas tarder à le savoir...

-Je suis celui qui vous a évité de salir ce magnifique tailleur dans le fond d'un cercueil, non ? Mais je suis aussi une personne qui garde un peu de civilité : Bonjour! Tu peux m'appeller Chess! Il faut beau aujourd'hui, n'est-ce pas ?

Et l'homme hilare fit une grande enjambée, passant ainsi devant Lauren pour l'arrêter d'un bloc. La toisant de son large sourire, il se tenait bien droit, la main tendue.
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Lauren Andrews
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Lun 9 Jan - 22:42

Si les deux marchaient côte à côte et à la même allure, pour autant personne ne pouvait dire qu'ils marchaient réellement ensemble, ce qui était exactement l'effet recherché par Lauren. Il était plus facile de s'échapper d'une masse lorsque l'on était seul. L'être humain s'étonnait de voir une paire devenir un seul individu lorsqu'ils étaient assimilés à une paire, justement. Mais personne ne s'étonnait de voir deux inconnus en devenir un seul; il était simplement normal qu'il ait à changer de direction.

Oui, la psychologie humaine avait ses avantages lorsqu'il fallait obligatoirement intéragir avec les autres.

Pour autant, Lauren gardait le visage de son interlocuteur dans sa vision périphérique et perçut sa surprise et une autre étincelle qu'elle ne fut pas capable de déterminer mais qui ne lui disait rien qui vaille. De toutes façons, son instinct lui soullfait qu'elle avait mal interprété cet homme : un informateur engagé par l'agence ou une des taupes de son propre réseau ne s'étonnerait pas de la voir le suivre. Cet homme n'était donc certainement qu'un pauvre bougre, drogué et sans abri qui avait décidé de lui faire perdre un temps précieux qu'elle n'avait pas : même si personne ne l'attendait à l'UHCB, elle ne donnait pas plus de deux heures à son père pour se rendre compte qu'elle n'était pas au bureau et à l'appeler d'urgence pour lui donner une nouvelle mission et en profiter pour lui coller cet imbécile incapable d'obéir aux ordres dans les pattes. Elle n'avait donc ni le temps ni l'envie de se coltiner un autre imbécile avant ça. Casey équivalait le rester du monde dans l'échelles des causes d'ennui de Lauren, et elle n'avais pas vraiment envie d'un avant-goût.

Mais, vraisemblablement, ce n'était pas son jour...

L'espèce de SDF s'avança pour lui faire face et lui bloquer le passage. Alors qu'il parlait, en tendant sa main, Lauren eut également le réflexe de s'arrêter pour ne pas lui foncer dedans et fronça les sourcils.

Dans la tête de l'espionne, ce genre de geste équivalait à une menace. Cependant « Chess », comme il disait s'appeler ne semblait pas vouloir la menacer, mais simplement faire connaissance, main tendue devant lui dans un geste civil, comme il l'avait lui-même signifié.

Lauren soupira intérieurement. Honnêtement, elle aurait préféré une menace : elle manquait d'action et faisait bien trop de mauvaise rencontres ces derniers temps. Et toute rencontre étant mauvaise pour la blonde, cela n'améliorait en rien son humeur.

Elle resta donc un instant face à ce Chess au grand sourire et à la main tendue sans rien dire, analysant la situation. Elle n'avait pas envie de rester là, c'était un fait. Cependant, la masse New-Yorkaise était de telle sorte que tant qu'il ne bougeait pas, Chess lui empêchait toute retraite.

Lauren soupira de manière totalement audible cette fois. Très bien, il fallait parfois faire des sacrifices pour le bien-être de la nation...

« Lauren. Mais si seuls pluie et beau temps t'intéressent, je te suggère de trouver quelqu'un d'autre à qui parler. »

... Cela ne voulait pas dire qu'elle serait plus aimable. Elle serra néanmoins la main tendue en face d'elle, tout en mettant son autre main dans la poche de sa veste et en retirer un élastique dont elle se servit ensuite pour attacher rapidement ses cheveux, sans pouvoir empêcher quelques mèches rebelles de s'échapper. Elle n'aimait pas particulièrement ça, mais il s'agissait plus d'un simple élastique et elle pourrait en avoir besoin...

Elle commença alors à avancer.

« Je vais par là. »

Le message était clair. Soit Chess suivait soit elle était plus que ravie de s'en débarrasser.
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Lun 16 Jan - 19:19

Lauren. Très chère Lauren. Femme sophistiquée et cultivée, elle détenait de grandes qualités qui faisaient d'elle la femme exceptionnelle qu'elle était. Malgré tout, cette carapace que Chess avait déjà détecté servait à se cacher et à se protéger. De ses défauts ? Probablement pas puisqu'elle savait les utiliser à son avantage. Alors, ce qu'elle disimulait venait d'ailleurs, d'un endroit plus profond, plus sombre. Notre SDF hilare allait-il devoir plonger dans ce genre de souvenir ? Pourquoi pas, cela risquait d'être intéressant... non ?

Chess accepta gentillement la main de Lauren. Bien qu'elle ait soupiré juste avant, cela fit plaisir à l'homme au grand sourire. Bien que ce geste avait été fait à contre-coeur, il le sentait tout de même un peu sincère. Ensuite, l'agente s'attacha les cheveux et recommença à marcher. Bien entendu, Chess la suivit. Il n'avait pas terminé avec elle, oh non! Il ne faisait que commencer! Le SDF avait déjà discuté avec un agent du FBI autre fois. D'accord, le type était en dépression et il était mort d'une overdose d'ecstasy peu de jours après, mais la conversation avait beaucoup plus à Chess. Et sa mort lui avait été très profitable, d'un goût exquis!

-Tu sais, le bon temps et la météo sont des sujets très intéressants quand on y pense, dit-il en rattrapant Lauren. Bien sûr, c'est pas tout le monde que ça intéresse. Je m'excuse d'avoir voulu aborder un sujet qui t'ennui. Si tu préfères, on peut parler de musique ou de littérature! Ou même recommencer à parler de la Mort! Pas super joyeux, mais une fille qui a perdu sa mère doit avoir beaucoup de choses à dire, non ?

Et Chess décocha un nouveau regard espiègle vers Lauren. Son pas était léger et suivait sans problème le rythme de l'agente. Même s'il venait de lâcher une bombe incroyable, il s'amusait et il avait très hâte de voir comment tournerait la conversation.
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Lauren Andrews
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Mar 17 Jan - 18:35

Lauren leva les yeux au ciel lorsqu'elle remarqua que l'étrange SDF le suivait. A vrai dire, elle aurait préféré qu'il réalise que son manque d'amabilité laisser supposer qu'elle ne souhaitait pas de compagnie et qu'il décide de poursuivre son chemin dans l'autre sens. Mais apparemment l'esprit d'analyse de Chess n'allait pas aussi loin... Ou alors il agissait dans le seul et unique but de l'ennuyer, ce qui était probable puisque Lauren ne semblait attirer que les emmerdeurs de première dans son entourage masculin...

Cependant, si elle les supportait plutôt bien en général (en même temps, l'un étant son patron et l'autre assigné par le premier elle n'avait pas vriament le choix), elle devait avouer qu'elle n'était pas d'humeur. Moins que d'habitude, cela va sans dire.

Elle parcourait donc les rues, sachant très bien où elle allait, tout comme ces centaines d'individus parcourant Times Square dans un but précis, simplement parce que le quartier se trouve sur le chemin le plus court pour atteindre leur but, avançant d'un pas mécanique et réfléchissant à bien d'autres choses... En ce moment même, Lauren cherchait à tout prix un moyen de se débarasser de ce pot de glue... Qui lui voulait quoi d'ailleurs ?!

-Tu sais, le bon temps et la météo sont des sujets très intéressants quand on y pense, dit-il en rattrapant Lauren. Bien sûr, c'est pas tout le monde que ça intéresse. Je m'excuse d'avoir voulu aborder un sujet qui t'ennui. Si tu préfères, on peut parler de musique ou de littérature! Ou même recommencer à parler de la Mort! Pas super joyeux, mais une fille qui a perdu sa mère doit avoir beaucoup de choses à dire, non ?

Lauren Andrews n'avait pas l'habitude d'être destabilisée, mais elle ne put s'empêcher de sursauter, comme très brièvement électrifiée à l'entente de ces paroles. Cela ne lui était arrivé que très rarement, lors de ses années d'entraînement, ou lors de cette mission en Sibérie... Mais là, elle devait avouer que Chess avait fait mouche.

Sans plus se soucier d'une éventuelle façon de l'éviter, elle se tourna vers lui, sans cenpendant s'arrêter de marcher, et remarqua son regard. Quelque chose d'espiègle qui aurait fait sourire n'importe qui, mais aux yeux de Lauren quelque chose de malin comme pour lui montrer qu'il n'était pas si idiot et qu'il savait quelque chose de plus.

Et pour cause.

Elle détourna la tête et, l'espace d'une demi-seconde, la façade froide et sereine de l'agente blonde se fissura. L'espace d'une demi-seconde, la froideur laissa place à la tristesse, la dureté de l'acier à la douceur du souvenir et de la nostalgie. Mais tout cela ne dura qu'une demi-seconde. En un clin d'oeil, Lauren redevint la femme qu'elle avait toujours été : froide, dure, sans aucun sentiment autre que la satisfaction d'obéir et de se faire obéir. Mais il était facile de voir que quelque chose avait changé dans les rapports entre les deux adultes. Si la blonde se savait il y a quelques minutes en situation sinon de force, au moins passive face à cet inconnu, il était maintenant clair qu'il avait au moins un pion d'avance. Et pas des moindres.

Personne n'était au courant de la mort de sa mère. A part son père bien entendu, mais pour ce que ça lui faisait... La Canadienne sentit à nouveau la rage monter à cette pensée. Il n'était même pas venu à l'enterrement. Du moins elle ne l'avait pas vu, Monsieur avait sûrement bien trop de travail pour se soucier de sa propre femme... Et après tout, elle était morte maintenant, alors qu'est-ce que ça pouvait faire ?! Ce que tout être humain aurait appelé une courte vague de découragmeent l'envahit (mais Lauren Andrews ne connaissait pas le sens de ce sentiment). C'était avant qu'il aurait pu, qu'il aurait dû faire quelque chose...

« Je ne sais pas qui t'a donné une telle information. » Malgré le côté étonnemment privé de leur conversation, la blonde parvenait encore à faire passer ça pour une discussion de travail. Une autre manière de se préserver, sans laisser personne approcher le cercle de verre qu'elle élevait autour d'elle. « La Mort est une fatalité. Elle vient quand elle veut, elle a tous les droits et on ne peut l'empêcher de rien. C'est tout ce que j'ai à dire là-dessus. »

On sentait la petite pointe d'irritation dans sa voix froide. Mais était-elle vraiment destinée à Chess ? On voyait dans le regard de la blonde qu'elle faisait référence à un événement un peu plus lointain, quelque chose qu'elle aurait voulu ne jamais expérimenter et qui pourtant faisait qu'elle était là aujourd'hui... Elle secoua légèrement la tête. Il ne faut pas penser à ça.

« Mais vu la façon dont tu as réagi plus tôt, je suppose que ce n'est pas ton avis. »

Pourquoi continuait-elle cette conversation ? Son regard restait rivé droit devant elle et elle devait s'avouer qu'elle faisait des efforts pour ne pas le tourner à nouveau vers cet étrange homme. En temps normal, elle aurait fui quelqu'un comme ça. D'abord parce que c'était un homme, ensuite parce qu'il semblait avoir bien trop d'informations pour être honnête et enfin parce que son petit doigt lui disait qu'il n'était pas prêt d'en avoir fini avec elle, ce qu'elle détestait. Lauren Andrews gérait la situation du début à la fin, où elle n'en faisait pas partie. Point. C'était bien une des seules choses sur laquelle elle et son père étaient d'accord.

Et pourtant, là elle avait l'impression de se laisser mener par le bout du nez. Pire encore, elle se laissait faire. Pourquoi ? Parce qu'elle détestait savoir que quelqu'un avait un coup d'avance sur elle, sans avoir de son côté la moindre information. Elle était bien décidé à en apprendre le plus possible sur cet homme et consulter les ordinateurs de la CIA sitôt rentrée à Washington pour tenter de savoir qui était ce Chess, et pour qui il travaillait.
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Sacha "Chess" Cheshire

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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Mar 24 Jan - 19:45

D'ordinaire, Chess adorait gambader. La sensation de flottement qui en résultait, surtout grâce à son corps si squelettique, était des plus extraordinaires! Le vent passait entre ses cheveux, entre ses doigts, s'engouffrait dans ses narines... il passait même presqu'au travers de son corps! Oui, Chess adorait gambader. Il avait l'impression de redevenir l'enfant qu'il avait déjà été. Un être insouciant qui regardait les heures filler sans jamais penser que tout pouvait s'effriter en quelques instants. Mais bon... Ce temps était terminé. Aujourd'hui, il ne gambadait pas. Non. Il marchait sérieusement avec une femme sérieuse et avec qui il avait une discussion sérieuse.

À cette pensée complètement absurde, le SDF se mit à rire.

Un nouveau coup d'oeil vers Lauren lui confirma qu'elle avait remise ses barrières de glace tout autour d'elle. Malgré cela, les fondations avaient été atteintes. Jamais assez pour tout détruire d'une simple pichenotte, mais assez pour qu'on puisse continuer à creuser. Car, une femme comme Lauren ne se préoccupait pas de petites fissures. Non, elle, elle renforçait le tout en colmatant les cracs. Mais était-ce assez ? L'hilare en douta. De plus, une imperceptible inclinaison dans le regard de sa partenaire de marche lui confirma qu'elle ravalait en elle plusieurs émotions. Elle se devait de rester professionnelle. Alors, là, si quelqu'un avait bien besoin de retrouver son enfant intérieur, c'était bien elle...

« Je ne sais pas qui t'a donné une telle information. »

Cette phrase d'introduction mêlait reproche et questionnement. Par contre, tout cela était dit de façon aussi neutre que si elle avait parlé des chiffres de son compte en banque. Elle voulait montrer qu'elle dominait la situation, que rien ne pouvait l'effriter davantage. Mais, était-ce le cas ?

« La Mort est une fatalité. Elle vient quand elle veut, elle a tous les droits et on ne peut l'empêcher de rien. C'est tout ce que j'ai à dire là-dessus. »

Le regard de Chess l'illumina d'amusement. On revenait au sujet principal, ce qui signifiait qu'il avait à la fois piqué l'intérêt de son interlocutrice autant qu'il l'avait ébranlé. L'homme ne dit rien un instant. Il avait bien perçu la note d'irritation dans le blizzard de sa voix et l'étrange sonorité que cela avait montrait une quelconque référence à un souvenir lointain. Probablement douloureux. Chess avait l'habitude avec les gens au passé douloureux.

« Mais vu la façon dont tu as réagi plus tôt, je suppose que ce n'est pas ton avis. »

Alors là, Chess aurait eu toutes les raisons du monde de gambader! Même si sa question avait été construite sur un ton neutre, tel un commentaire fait négligemment dans une réunion de bureau, lui savait que sa signifiait qu'elle l'invitait à continuer. Ce qu'il ne se gêna pas de faire :

-Bah, tu sais, on a tous une forme de liaison étrange avec cette grande dame! Pour ma part, je dirais que cette relation d'amour et de haine est caractérisée par... une compétition! Peut-être a-t-elle peur que je lui vole la vedette en prenant ce qu'elle vient chercher...

Ton joyeux, léger, sans aucune ambiguïté. Pourtant, les mots qu'il avait choisis semblèrent bien mystérieux. Pourtant, il continuait de marcher au même rythme que Lauren, regardant vers l'avant tout comme elle. Son sourire beaucoup trop grand continuait d'éclairer son visage de façon fantômatique. Rien ne semblait le déranger.

-Pourtant, c'est pas ma faute si je suis là au bon moment! Je regrette de lui faire de la peine, c'est vrai, je la respecte vraiment beaucoup! Mais je possède quand même des qualités qu'elle n'a pas! Tu sais, faut être bon joueur. Moi, je ne fais que ma part, sans plus. Qu'elle se retire si elle n'est pas contente! Quoique... si y'a pas de Faucheuse, on risque d'être beaucoup sur la planête! Ça va causer des problèmes de surpopulation. Les villes vont devenir trop petites et vont probablement s'agrandir encore et encore. Ça risque d'être dramatique en peu de temps. Non. Lauren, tu as raison : la Mort est une fatalité et elle doit assumer ce qu'elle est! Elle fait partie du cycle naturel des choses, donc pas besoin de remettre en cause sa condition. Tout de même, perdre un être cher doit pas être facile. Moi-même, j'ai perdu un ami y'a longtemps. Il me faisait beaucoup rire, mais il est parti. Au moins, il est encore avec moi! Mais, selon-toi, où se trouve ta mère présentement ?
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Lauren Andrews
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Mer 8 Fév - 21:00

Sans en donner l'impression, Lauren attendait la nouvelle idée de Chess avec , sinon impatience, au moins une certaine curiosité. Purement profesionelle ceci étant -du moins c'est ce qu'elle se disait. Juste pour amasser le plus de détails sur l'homme pour éplucher son dossier une fois à Washington. Rien de plus.

Très douée en manipulation, Lauren Andrews était également brillamment capable de se mentir à elle-même. Le SDF ne tarda cependant pas à lui donner satisfaction.

-Bah, tu sais, on a tous une forme de liaison étrange avec cette grande dame! Pour ma part, je dirais que cette relation d'amour et de haine est caractérisée par... une compétition! Peut-être a-t-elle peur que je lui vole la vedette en prenant ce qu'elle vient chercher...

Bien. Au moins, une chose était claire : cet homme était fou. C'étiat la seule conclusion à laquelle parvenait la blonde. Fou, et dangereux. Une sorte d'alarme interne se mit à sonner dans la boîte cranienne de Lauren, de ce genre que certains appelleraient ''instinct''. Après tout... un homme en « compétition » avec la mort ?! Avait-elle à ses côtés un de ces serials killers qui pullullaient en Amérique ?

Elle jeta un nouveau coup d'oeil en biais à la personne qui marchait à ses côtés et le sourire de l'homme lui fit froid dans le os. Elle n'était pas effrayée (pas encore, après tout en tant qu'agente de la CIA elle en avait déjà vu des vertes et des pas mûres), mais il fallait avouer que tout cela n'avait rien de rassurant. Chess semblait garder une attitude simple et courtoise, mais Lauren savais que la plupart des meurtriers en série agissaient de la sorte, afin de mettre leurs victimes en confiance.

Un point sur lequel il aurait bien du boulot, puisque Lauren Andrews n'accordait sa confiance à personne. Elle ne commettait jamais deux fois la même erreur.

Il se remit à parler, et la blonde écoutait sagement, décryptant dans son coin. Une étrange sorte de fétichiste de la Mort ? Un membre d'une secte quelconque ? Un anti-mondialiste peut-être même un brin raciste ? A l'entente de ses paroles, toutes les hypothèses étaient possibles, et l'agente commençait sérieusement à se demander dans quoi elle avait bien pu mettre les pieds.

Le passage sur l'ami perdu ''mais toujours là'' éveilla à nouveau la détective qui sommeillait en Lauren. S'agissait-il là de sa première victime, dont il avait gardé une relique qu'il portait toujours sur lui, comme un talisman ?

-Mais, selon-toi, où se trouve ta mère présentement ?

Lauren haussa les sourcils. Etait-il fou ou vraiment simplet pour poser ce genre de questions ?

Refusant de voir l'évidence -ceci n'était vraisemblablement pas une question attendant une réponse terre-à-terre- la blonde répondit de sa voix de glace que rien ne semblait pouvoir briser.

« Présentement ? Dans quatre planches de bois clouées les unes au autres sous un amas de terre au milieu du cimetière de la colline de San Fransisco. »

La réalité. Être terre-à-terre. Pragmatique. Se reposer sur des faits concrets pour ne pas laisser ses sentiments -pour peu qu'on en ait- prendre le dessus. Parce que ressentir, c'était un signe de faiblesse. Et n'importe qui peut retourner vos faiblesses contre vous. Le seul moyen de ne pas les laisser faire était de ne pas en avoir. Ou d'habilement les cacher. Voilà comment fonctionnait Lauren depuis bientôt quinze ans. Depuis que la réalité lui avait elle-même remis les pieds sur terre.
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Sacha "Chess" Cheshire

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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Ven 17 Fév - 2:51

Presque du tac au tac, et toujours sur son ton exceptionnellement froid, Lauren répondit la (pire) réponse que Chess aurait probablement dû prévoir. Malgré tout, il n'avait pas réfléchit jusque là. Peut-être était-ce parce qu'il croyait encore que cette chère agente de la CIA pouvait le surprendre avec une pensée philosophique dépassant sa petite existence professionnelle. Mais non! Encore une fois, Lauren restait froide, conservatrice et terre-à-terre. Au plus grand déplaisir de Chess, bien entendu.

-Ah! T'es pas drôle! dit-il sur un étrange ton amusé, mais à l'arrière-son déçu. Moi qui croyait que tu avais toujours une certaine... innoncence en toi!

Le SDF mit alors ses mains dans ses poches d'un air négligé. Il poussa ensuite un long soupire de déception qui contrastait avec son sourire majestueux. Le spectacle était assez étrange : le haut de son visage semblait très déçu tandis que le bas de son visage arborait toujours cet éclat loufoque et intriguant.

-Crois-tu pouvoir retrouver un jour cette innocence ma chère Lauren ? Je sais bien que ça n'a jamais été le grand amour avec ton cher père, mais peut-être que tu pourras faire la paix avec lui lorsque tu auras fait la paix avec toi-même. Non ? Qu'est-ce que tu en penses ?
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Ven 17 Fév - 15:32

Lauren continuait de marcher sans rien dire. Elle n'attendait pas de réaction de la part de son compagnon de marche. A vrai dire, elle ne savait pas vraiment quoi en penser. La théorie du serial-killer tenait certes la route, mais son intuition lui disait qu'elle se montait peut-être un peu trop la tête. Peut-être devrait-elle arrêter de voir le mal partout...

-Ah! T'es pas drôle. Moi qui croyait que tu avais toujours une certaine... innoncence en toi!

La blonde se tourna vers Chess, un sourcil levé, ne pouvant empêcher un éclat de rire plein de sarcasme et d'ironie de dépasser le stade de la pensée en notant qu'il semblait déçu... Non mais, il s'attendait à quoi, sérieusement ?!

« Vraisemblablement tu ne me connais pas aussi bien que tu veuilles le croire... » Laissa échapper l'agent Andrews, toujours sur un ton aussi froid que la glace.

Le SDF qui marchait à ses côtés laissa alors échapper un soupir désabusé. Le second sourcil de la blonde vint rejoindre le premier qu'elle avait relevé, signe d'étonnement. Ses yeux se tournèrent vers lui, et dans les yeux gris de la blonde on pouvait voir une expression de surprise lorsqu'elle réalisa qu'il paraissait vraiment déçu. La théorie du tueur en série était bien loin maintenant... Cet homme semblait tout simplement trop impliqué dans les pensées des gens pour avoir des envies meurtrières...

Cependant, le fait qu'il continue à sourire restait inquiétant. Mais Lauren Andrews savait mieux que personne à quel point on pouvait tout cacher derrière un sourire... Mais les yeux étaient la seule partie du visage qui ne pouvaient mentir... A moins d'être terriblement bien entraînés. Il semblait juste sous l'emprise d'une drogue quelconque, Lauren ne voyait plus que cette explication.

-Crois-tu pouvoir retrouver un jour cette innocence ma chère Lauren ? Je sais bien que ça n'a jamais été le grand amour avec ton cher père, mais peut-être que tu pourras faire la paix avec lui lorsque tu auras fait la paix avec toi-même. Non ? Qu'est-ce que tu en penses ?

A l'entente des mots ''ton cher père'', la blonde stoppa net, forçant son compagnon de marche à s'arrêter également. Elle se tourna vers lui, un éclat de colère se reflétant dans ses prunelles grises acier. S'il y avait bien une personne qui n'avait pas lieu d'être énoncée dans cette conversation, c'était bien lui. S'il y avait une seule personne qui pouvait lui faire perdre le contrôle de ses émotions, c'était lui. Et s'il y avait une seule chose que Chess aurait pu dire pour lui faire perdre ses moyens, c'était ça.

Au fond d'elle, Lauren sentit quelque chose se briser. Il ne lui fallut que quelques secondes pour comprendre qu'il s'agissait de son self-control. Après près de trente ans à observer et à absorber dans rien dire, elle se sentait craquer pour la deuxième fois de sa vie, pour la deuxième fois face à un inconnu qui semblait en savoir plus qu'il n'y paraissait.

« Mais quel est votre problème à la fin ?! » S'exclama t-elle sans aucun signe avant-coureur. Sa voix avait perdu sa froideur et son métalisme, et si Casey avait été là, il aurait été jaloux de voir à quel point cet inconnu avait parvenu à lui faire perdre ses moyens en seulement quelques phrases alors qu'il s'y essayait depuis des mois.

« Je n'ai PAS l'intention de faire la paix avec mon père. Je ne sais d'ailleurs pas comment tu peux avoir la moindre idée de ce qu'il se passe. D'ailleurs, tu n'as aucune idée de ce qu'il se passe. Alors ne pose pas de question, et surtout, surtout, ne PENSE pas que tu puisses régler la situation, quelle qu'elle soit. Je n'ai besoin de personne, je n'ai jamais eu besoin de qui que ce soit, et ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer. Je gère ma vie comme je l'entends, SEULE. Est-ce bien clair ?! »

La blonde laissa échapper un soupir de frustration. Non seulement parce qu'elle était plus ou moins en colère contre cet inconnu qui pensait contrôler sa vie, mais plus encore contre elle-même, car elle se sentait perdre ses moyens sans pouvoir faire quoi que ce soit d'autre. Une sévère impression de déjà-vu l'envahit alors qu'elle enchaînait, sans vraiment y penser.

« Qu'est-ce que vous avez tous à vous mêler de ce qui ne vous regarde pas et à vous convaincre que vous pouvez sauver la vie de ceux qui n'en n'ont pas envie ?! Je ne VEUX PAS être sauvée ou secourrue ou quoi que ce soit. Et je n'ai PAS BESOIN de faire la paix avec moi-même ou n'importe qu'elle autre idiotie du genre. Je SUIS en paix avec moi même. C'est vous qui n'arrivez simplement pas à comprendre que, parfois, on n'a pas besoin des autres. Je N'ai PAS besoin des autres, ni toi, ni mon père, ni cet abruti qui me sert de collègue qu'on s'est senti obligé de me coltiner à MOI au milieu de dizaines d'autres, ni d'... ni de n'importe qui ! C'est clair ?! »

N'importe qui connaissant un minimum Lauren Andrews savait qu'elle n'agissait pas normalement. N'importe qui connaissant Lauren Andrews se serait étonné qu'elle soit si expressive, qu'elle hausse la voix, qu'elle laisse transparaître un minimum de sentiments, que sa colère ne soit pas aussi froide que d'habitude. Mais n'importe qui connaissant Lauren Andrews un peu mieux que ça -malheureusement ils n'étaient pas nombreux, d'autant que celle qui la connaissait le mieux n'était plus de ce monde- savait que la façade de cristal qu'elle avait mis des années à élaborer était lentement mais sûrement en train de se fissurer face à cet inconnu et cette incroyable conversation.
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Sam 3 Mar - 20:17

La déception visible dans les yeux de Chess, ce dernier ne se laissait par contre pas découragé. Il regardait autour de lui, d'un regard vitreux. Son pas, presque sautillé, suivait toujours le rythme de Lauren et il fut bien surpris de la voir s'arrêter. Intrigué, le SDF tourna la tête vers elle, mais sans bouger son corps, se qui le mit dans une position étrange, presque désarticulé. Lorsqu'il vit l'expression de Lauren, l'éclat d'amusement de ses yeux revint, plus étincellant que jamais. La scène qui suivit sembla se dérouler au ralenti. Le regard de l'agente de la CIA devint d'un noir ténébreux, presque brutal. Si elle avait été munie de carabines dans ses prunelles, Chess n'aurait plus été qu'une masse informe et sanguinolente. Puis, cette colère refoullée au fond d'elle-même ressortie dans un coup de tonnerre, tel le raz-de-marée qu'elle tentait de contenir.

« Mais quel est votre problème à la fin ?! Je n'ai PAS l'intention de faire la paix avec mon père. Je ne sais d'ailleurs pas comment tu peux avoir la moindre idée de ce qu'il se passe. D'ailleurs, tu n'as aucune idée de ce qu'il se passe. Alors ne pose pas de question, et surtout, surtout, ne PENSE pas que tu puisses régler la situation, quelle qu'elle soit. Je n'ai besoin de personne, je n'ai jamais eu besoin de qui que ce soit, et ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer. Je gère ma vie comme je l'entends, SEULE. Est-ce bien clair ?! »

Colère, frustration... et désespoir. Une énorme vague venait de sortir de Lauren pour frapper Chess. L'homme pencha la tête sur le côté. Avait-il bien entendu ? L'agente avait perdu sa voix de robot, sa voix professionnelle, celle dans laquelle elle mettait tout le mécanisme froid et posé dont elle avait le secret. Non. Tout cela avait disparu. Le soupir qu'elle laissa échapper confirma le tout au junkie hilare. Celui-ci déplaça son corps vers la femme. La façade de Lauren s'écroulait. Son barrage, son bouclier, sa protection de toujours venait de se fissurer. Chess allait donc pouvoir bientôt entrer...

« Qu'est-ce que vous avez tous à vous mêler de ce qui ne vous regarde pas et à vous convaincre que vous pouvez sauver la vie de ceux qui n'en n'ont pas envie ?! Je ne VEUX PAS être sauvée ou secourrue ou quoi que ce soit. Et je n'ai PAS BESOIN de faire la paix avec moi-même ou n'importe qu'elle autre idiotie du genre. Je SUIS en paix avec moi même. C'est vous qui n'arrivez simplement pas à comprendre que, parfois, on n'a pas besoin des autres. Je N'ai PAS besoin des autres, ni toi, ni mon père, ni cet abruti qui me sert de collègue qu'on s'est senti obligé de me coltiner à MOI au milieu de dizaines d'autres, ni d'... ni de n'importe qui ! C'est clair ?! »

Le sourire de Chess s'élargit un peu plus. Son éclat s'intensifia et il se réfléta dans son regard. Ses yeux, bien que vitreux et écarquillé, semblaient satisfait. Pour quelle raison ? Ça, personne ne pouvait le dire, mais cette sastisfaction fit monter un petit ricanement dans sa gorge qu'il laissa échapper sans gêne. Ensuite, il mit ses mains dans ses poches et se pencha vers l'avant en utilisant que ses hanches. Ainsi, il avait le corps parfaitement parallèle au sol et son visage atteignait presque celui de Laurent.

-L'âme humaine grandit en même temps que l'enveloppe charnelle qui l'entoure, Lauren. Et cet enfermement peux parfois avoir de grâve conséquence sur l'essence de lâme. Tel un cadavre, elle se déssèche, tel le chat, elle se blottie sur elle-même. Mais ne la laisse pas tomber en nécrose. Ne la laisse pas pourrir. Sinon, tu traîneras avec toi d'horrible morceau qui encombrera l'intérieur de ton corps.

Suite à ces paroles énigmatiques, Chess se redressa. La tête légèrement penchée, il observa un instant son interlocutrice avant de prendre un air sérieux.

-Tu as raison, Lauren : tu n'as pas besoin qu'on ne se mêle de tes affaires. Ni qu'on ne te sauve. Tu as raison. Et il faut se rendre à l'évidence! WOW! Tu es une femme accomplie, professionnelle, sérieuse, sûre d'elle et d'un charisme fou! Quelle femme ais-je devant moi ?! Un modèle à suivre, il va sans dire! Ta vie à la CIA t'a rendu forte, impressionnante. Tu es l'agente sur laquelle on peut tous compter, celle qui garde un sang-froid à toute épreuve. Nous devrions tous t'envier du fait que tu es celle que tu as toujours voulu être. Tu es une femme accomplie Lauren. Tu n'as donc pas besoin de moi, ni de mon aide ou d'être sauvée. Tu as raison. Je m'excuse d'avoir voulu intervenir.

Chess laissa ensuite un petit silence s'installer où Lauren sembla reprendre son souffle. Il fit le mouvement de tourner les talons, mais se ravisa. D'un geste vif, il sortie sa main droite de sa poche et leva son index pour dire :

-Par contre, j'aurais un petit service à te demander! Tu es une femme exemplaire, autonome et capable de te sortir de n'importe quel pétrin, mais toutes les femmes ne sont pas comme toi. Et je connais une femme à en devenir qui aurait bien besoin de ton aide! Te rencontrer serait pour elle une expérience lucrative. Je crois que ça l'éclairerait de pouvoir suivre un modèle de vie comme toi. Une personne telle que toi ayant toutes les qualités nécessaire pour réussir doit sans aucun doute être dotée d'un brin de gentillesses, non ? Porter au secour d'une autre n'est pas un défi que tu laisserais tomber, n'est-ce pas ? Alors, viens donc avec moi, juste un instant...
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Mar 13 Mar - 23:38

Lauren respirait longuement, tentant de se calmer -ou du moins de ne pas perdre le peu de self-control qui lui restait-, mais elle savait qu'il était déjà trop tard. Les yeux de Chess s'étaient à nouveau mis à briller de plaisir dès qu'elle eut ouvert la bouche. Elle l'avait su à l'instant où les premières paroles lui avaient échappées : elle aurait vraiment dû se taire.

Elle y arrivait plutôt bien en général pourtant. Mais là... Elle ne savait pas si c'était parce que sa dernière mission avait été un désastre (entre le vol du laboratoire de Carl, la mort de plusieurs de ses collègues et l'évasion de Buteler et toute sa clique, il n'y avait pas de quoi être fier), parce qu'elle était obligée de travailler depuis des mois avec un bébé à peine sevré qui avait pour passe-temps favori de tout faire pour la faire sortir de ses gonds (sans y être totalement parvenu jusqu'à présent) ou parce qu'elle avait enterré (seule, est-il nécessaire de le rappeler ?) sa mère moins de 72 heures auparavant, mais quelque chose faisait que Lauren Andrews n'était plus maître d'elle-même.

Et inutile de préciser qu'elle détestait ça.

Le ricanement de Chess lui fit froncer les sourcils, rendant son regard gris acier brièvement plus métallique encore. Ah, parce qu'en plus, ça le faisait marrer le drogué au sourire démentiel ?!

Franchement, il ne manquait plus que ça.

L'agent Andrews était donc dans un état pire encore que l'énervement, et pourtant elle entreprit d'écouter ce que l'étrange New-Yorkais avait à lui dire. Tellement non conforme à la Lauren qui avait pour habitude de tourner les talons dès que quelque chose ne lui plaisait pas, que n'importe qui la connaissant aurait ouvert de grands yeux étonnés.

Non, décidément, elle n'était pas elle-même aujourd'hui.

Surtout quand elle entendit les paroles de Chess. Minute... elle était restée pour ça ?! Un horrible discours sur l'essence de l'âme humaine, un truc moralisateur pour qu'elle comprenne qu'elle devait laisser tomber son attitude de femme forte et sûre d'elle (ce qu'elle était, soit dit en passant, une légère craquelûre ne brisait pas le cristal) et s'ouvrir aux autres ?!

Elle laissa échapper un éclat de rire froid. Que des conneries.

Elle s'apprêtait -cette fois- à tourner les talons quand le SDF recommença à parler. Une fois n'est pas coutume, elle prit étrangement le temps de l'écouter. Peut-être fut-ce l'air soudainement sérieux de l'homme qui la retint. Peut-être pas.

Toujours est-il qu'elle resta. Qu'elle écouta. Et qu'elle entendit, pour la première fois depuis plus de dix ans, ce qu'elle avait toujours voulu entendre. Tellement que, l'espace d'un instant, elle se demanda si elle ne rêvait pas (ce qui aurait expliqué son comportement si différent de celle qu'elle était en temps normal), et la seconde d'après si cette étrange inconnu omniscient ne se payait pas purement et simplement sa tête. Après tout, un éclat de colère comme celui qu'elle venait d'avoir n'était preuve ni d'accomplissement, ni de charisme, et encore moins de maîtrise de soi.

Sauf que -une fois de plus- le regard ne mentait pas. Et celui de son interlocuteur était bien trop sérieux pour qu'une quelconque moquerie soit visible dans son regard bleu. Elle ne pouvait donc qu'en déduire qu'il pensait réellement ce qu'il disait, et un sentiment diffus se propagea dans tout le corps de la blonde. Elle ne comprit pas directement ce dont il s'agissait, et il lui fallut de longues minutes de lente respiration silencieuse pour réaliser qu'il s'agissait de reconnaissance. Un sentiment de reconnaissance profonde, qui lui imposa le silence, et qui fut la raison pour laquelle elle écouta une dernière fois les paroles de Chess.

*Mais bien sûr !* fut sa première réaction. Un sourire sarcastique commença à fleurir au bord de ses lèvres et elle s'apprêtait à répondre -avec son cynisme habituel- qu'elle avait plus important à faire que de s'occuper d'une ado probablement SDF parce qu'elle avait fugué un soir où ses parents n'avait pas voulu lui donner son argent de poche et qui avait été trop fière -ou stupide- pour retourner chez elle la queue entre les jambes, mais elle s'abstint. Pour la même raison qu'elle avait laissé l'homme continuer.

Cette reconnaissance qui s'enfonçait de plus en plus profondément dans son cerveau (car une personne aussi rationelle que Lauren Andrews savait évidemment que les sentiments ne logeaient pas dans le coeur, au contraire de ce que tous les romantiques se plaisaient à penser), tellement qu'elle pouvait presque la sentir parcourir ses veines (pensée peu rationelle s'il en était). Ce fut cette pensée totalement irrationelle, pour ce sentiment qu'elle n'avait jamais ressenti auparavant alors qu'il était tout ce qu'elle avait cherché jusqu'à présent qu'elle se décida finalement en haussant les épaules, faisant comme si cela lui était égal.

« Très bien. Je te suis. »

Si la voix avait retrouvé sa froideur habituelle, cependant ses yeux avaient viré du gris acier à un calme gris-bleu, et Chess aurait dû être particulièrement inattentif pour ne pas avoir remarqué chacune des émotions qui étaient passées dans le regard de la blonde. Et elle en était bien trop consciente pour dire quoi que ce soit de plus qui lui ferait à nouveau perdre la face. Elle se contenta donc de suivre le mouvement.

Un proverbe du Vieux Continent disait que ce que l'on ne peut confier à sa famille, ce que l'on ne peut confier à ses amis, il fallait le confier à un étranger.

Lauren avait toujours trouvé cela complètement absurde. Jusqu'à aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Mar 10 Avr - 19:52

« Très bien. Je te suis. »

Et bam! Lauren venait d'accepter de suivre Chess. Chess allait se faire suivre par Lauren! Lauren allait accompagner Chess pour aider une petite fille! Le SDF en était fou de joie! Il fit un clin d'oeil à l'agente de la CIA avant de se raidir et de croiser ses bras derrière son dos. Puis, il tourna les talons pour changer de direction et se mit à avancer, les jambes presque raides dans une démarche exagérée de marche militaire. Trop content d'avoir réussi à convaincre Lauren de le suivre, le SDF faisait également bouger sa tête de tout sens, tout côté, lui donnant une allure de "Bubble Head" disjoncté.

Chess marchait vite, mais pas aussi vite que le défilement d'émotions qu'il avait vu passer dans les yeux de l'agente. L'omniscient était habitué à ce genre de personne froide, professionnelle, presque trop mécanique pour être encore humain. Heureusement que l'habit ne fait pas le moine et qu'une âme se trouve toujours sous la tunique, car, sinon, bien des gens seraient perdus. Au moins, Lauren ne l'était pas encore et Chess avait encore la possibilité de lui montrer le chemin. Bien entendu, la question qui s'impose à cet instant est "Mais pourquoi un junki hilare aiderait-il une femme telle que Lauren ?". Tout simplement pour son âme. Celle-ci, emprisonnée dans une carapace de cristal, dans une rigidité froide et étouffante, n'arrivait pas à jaillir hors de sa coquille. Pourtant, Chess savait très bien que les âmes se devaient de fleurir. Sinon, elles pourrissaient et il détestait ce que ça emmenait ensuite comme effet narcotique.

De plus, la foule d'émotions qui étaient passées dans les yeux de la femme qui l'accompagnait prouvait son point. L'âme de Lauren avait encore des chances de se déployer. Chess allait donc tout faire pour que cela fonctionne.

L'étrange duo marcha pendant plusieurs minutes sur la 42e rue. Ils descendaient la rue sans rien dire, même si Chess se retournait quelque fois pour lancer des clins d'oeil à sa compagne. Soudainement, l'homme au grand sourire bifurqua à droite pour prendre une passerelle qui longeait la Hudson River. Ils s'éloignaient ainsi tranquillement de l'effervescence de la ville pour un quartier plus tranquille, mais tout de même aisé. Un autre quart d'heure de marche leur suffire pour arriver devant une grande maison rose à deux étages. Des voitures de luxe se trouvaient dans l'entrée double et une haie bien taillée sur le devant de la maison. Chess fit signe à Lauren de le suivre et il traversa le jardin, visiblement sans aucune gêne ou peur de se faire voir. Le SDF contourna la haie, passa sous une grande fenêtre aux battants de bois fermés et s'arrêta à la suivante.

Par la fenêtre entrouverte, on pouvait voir un homme à son bureau de travail. Il semblait plongé dans un important travail car son ordinateur était ouvert sur plusieurs documents et une énome pile de dossier menaçait de tomber. Sur le sol du bureau, une petite fille d'environ huit ans jouait avec des poupées et des animaux en peluche. Soudainement, une femme en robe de chambre vint s'accoter sur le rebord de la porte du bureau. L'ouverture du survêtement laissait voir un déshabillé très coquin. La femme ne dit rien pendant quelques instants, mais son regard intense fit en sorte que l'homme releva la tête. Dès qu'il vit la femme, il bondit sur ses pieds et s'empressa d'aller la chasser.

-Voici Laura, dit Chess en pointant la petite gamine qui joueait encore avec ses jouets. Elle a huit ans. Son père est comptable pour une grosse compagnie pharmaceutique. La femme que tu as vu, c'était Vanessa, sa... 3ième ou 4ième ?... peu importe, l'une de ses maîtresses. La mère de Laura est partie faire du magasinage avec sa soeur qui entrera bientôt au secondaire. Selon moi, elle se doute des agissements de son mari, mais elle n'a pas fait grand-chose pour remédier à la situation.

Chess jeta un coup d'oeil à Lauren, le sourire encore très large, mais les yeux remplis de sous-entendu. Il s'accota au rebord de la fenêtre d'une façon très négligée, presque évaché. Mais tout dans son attitude et son ton de voix montrait qu'il était très sérieux.

-Alors, chérie ? Prête pour accomplir la mission la plus importante de ta vie ?
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Sam 21 Avr - 17:20

Il n'y avait même pas à tergiverser, Lauren sut à l'instant même où la vitesse du son permit à ses mots de sortir de sa bouche qu'elle allait le regretter. Elle ne savait vraiment pas ce qui lui prenait aujourd'hui.

Le clin d'oeil que Chess lui fit avant de se mettre à marcher dans les rues du centre-ville de New-York avec une allure qui se voulait militaire -mais c'était sans compter sa tête qui bougeait dans tous les sens, rendant son allure plus ridicule qu'atre chose- lui fit l'effet d'une bombe. Ses sourcils se froncèrent, ses yeux retrouvant leur gris acier mécontent habituel.

Mais dans quel pétrin s'était-elle fourrée bon sang ?! Ah, elle était belle la perle de la CIA, si elle se laissait embarquer dans n'importe quelle galère ! Parce que bien sûr qu'elle avait emboîté le pas à Chess, maintenant qu'elle en était à ce point pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?! Au pire, ils auraient Casey pour la remplacer à la CIA, ce qu'ils faisaient déjà de toute manière...

La blonde réalisa -alors qu'elle suivait Chess sans vraiment regarder où ils allaient- qu'une grande vague d'indifférence l'envahit à cette pensée, au lieu de la colère froide habituelle. En fait, que Casey finisse ou non à sa place, elle s'en fichait complètement. Côté boulot, elle n'avait plus rien à prouver à elle-même... et n'avait donc plus besoin de l'appréciation de qui que ce soit -et encore moins de son patron- en la matière. Qu'il nomme Casey à sa place s'il voulait un nouveau chien d'aveugle, elle était fatiguée de lui obéir. La Compagnie d'Insurrection des Anormaux n'avait pour elle rien à voir avec l'idée qui l'avait poussée à intégrer la CIA des années plus tôt. Mais elle se chargerait d'y laisser sa trace.

C'est sur ces considérations que Lauren finit enfin par s'intéresser au paysage, remarquant qu'ils quittaient doucement mais sûrement le centre-ville. Elle ne connaissait pas bien New-York, ayant grandi sur la côte Ouest, mais toutes les villes se ressemblaient dans cette première puissance mondiale, et il n'était pas difficile de voir qu'ils se rendaient vers la banlieue aisée.

Sans réellement comprendre ce qui allait lui arriver, la blonde avait un étrange pressentiment. Ce genre de quartiers riches étaient les mêmes d'un océan à l'autre, et elle avait la très mauvaise impression de rentrer dans son quatier résidentiel de San Fransisco. Ses yeux gris se foncèrent plus encore, après que Chess se soit retourné une énième fois pour vérifier qu'elle était toujours là. Elle avait la sensation de se faire embarquer dans quelque chose qui n'allait pas lui plaire du tout... -et pourtant elle le suivait toujours.

Elle en eut la confirmation une dizaine de minutes plus tard, quand le drogué bifurqua à l'intérieur d'une propriété et lui fit signe de le suivre. Eh quoi, il voulait cambrioler la maison et avait besoin d'un complice ?! Un marmonnant mécontent lui échappa :

« C'est vraiment n'importe quoi... Qu'est-ce qu'on fait ici ?! »

La réponse lui sauta rapidement aux yeux. Chess s'était arrêté près d'une fenêtre. Lauren suivit son regard et comprit la situation en un clin d'oeil. Elle connaissait trop bien cette situation d'homme occupé, trop pour sa fille mais pas pour sa maîtresse du moment. Elle écouta le drogué sans rien dire.

Laura, Lauren, la coïndence était étrange. Il n'y avait pas que ça d'ailleurs. Tout le discours de Chess, la blonde pouvait se l'appliquer à elle-même. Sauf qu'elle n'avait pas de soeur.

Ce n'était plus étrange maintenant, mais carrément dérangeant. Lauren détourna enfin son regard de la fenêtre, fixant Chess, le cerveau en mode 'analyse'. Il avait quoi... 28, 30 ans ? Un âge proche du sien toujours. Lauren était sûre de n'avoir jamais vu cet homme auparavant. Et pourtant ce dernier connaissait sa vie comme s'il y avait participé, alors que la blonde savait pertinemment qu'elle n'avait jamais eu à faire à lui avant. Ne restait donc que deux solutions.

Soit Chess était lié d'une manière ou un autre à son père pour avoir autant de détails sur sa vie privée -mais tout le monde savait que Carl Wilson n'avait pas d'amis et elle doutait que si -par miracle- c'était le cas, Chess ne l'aurait jamais traîné ici, et encore moins en lui sauvant la vie au passage.

La seconde solution, et donc la plus plausible, était que, par un moyen ou un autre, Chess avait eu accès à ces informations. Sachant que les moyens en questions sont réduits, Lauren finit par penser qu'il était peut-être lié d'une façon ou l'autre à l'une des maîtresses en question. Mais si tel était le cas, voudrait-il vraiment aider cette gamine ?

-Alors, chérie ? Prête pour accomplir la mission la plus importante de ta vie ?

La blonde laissa échapper un profond soupir, entre agacement et résignation. Elle repensa à son père, à ce jour qu'elle avait pourtant réellement attendu -sa promotion- sur les collines de San Fransisco. Qui étaient-ils tous pour crois que tout ce qu'elle avait fait jusqu'à présent n'était jamais aussi dangereux ou important que ce qu'on allait lui demander de faire ?!

Elle ne laissa pourtant pas cette réflexion transcender le stade de sa pensée. Elle en avait déjà trop dit à cet homme, ce n'était plus le moment de paraître vulnérable. Parce qu'elle ne l'était pas. Jamais.

« Ni toi ni moi ne pouvons faire quoi ce que soit pour cette gamine. Elle s'en sortira toute seule. »

Sur ces mots, articulés d'une voix froide et ferme, Lauren amorça un demi-tour, dans l'intention de retourner droit d'où elle venait. Elle avait une mission à accomplir, une vraie.
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Sacha "Chess" Cheshire

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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Mar 8 Mai - 16:05

Malgré la gentillesse de Chess, malgré sa bonne humeur contagieuse et la chance devant laquelle il placait Lauren, cette dernière poussa un soupire. Un soupire. Un long et profond soupire. Un long souffle exprimant à lui seul les différents sentiments qui la submergeaient. Chess pencha sa tête sur le côté, déçu par cette réaction, même s'il avait toujours su que cette cause allait être difficile à gagner. Pourtant, depuis le début de la conversation, le junkie avait eu l'impression de cheminer, d'avancer dans l'âme de Lauren et d'arriver à percer ces défenses froides et professionnelles. Malheureusement, un nouveau système de défense semblait avoir été érigé et l'agent de la CIA venait de remettre son masque que tout le monde était habitué à voir.

« Ni toi ni moi ne pouvons faire quoi ce que soit pour cette gamine. Elle s'en sortira toute seule. »

Chess ne dit rien. Son sourire perdit de son écalt et rétrécit légèrement. Ses yeux exprimèrent sa déception de devoir tout recommencer. Le ton qu'avait utilisé Lauren venait de le blesser profondément. Il avait cru que la manière douce arriverait à briser les dernières défenses de l'agente, qu'elle accepterait de se laisser aller pour évacuer les mauvaises énergies qui l'habitaient. Malheureusement, le SDF se rendait compte à quel point l'âme de Lauren était corrompu, à quel point elle se rétractait rapidement dans sa carapace. Mais cette dernière était fragile. Peut-être devait-il la secouer un peu pour la faire sortir, tel le loup qui souffle sur la maison des cochons...

-Ah bien sûr! Elle s'en sortira! dit-il sans cacher son sarcasme. Elle vivra heureuse entre les quatre murs d'une maison où elle vit en étrangère, où sa mère pleure tous les soirs, convaincue d'avoir raté sa vie, tandis que son père se tappera toutes les filles du quartier, oubliant tous les ans son anniversaire et son récital de piano. Bien sûr qu'elle s'en sortira c'est évident! Laura n'aura qu'à se lancer corps et âme dans des études supérieurs dans le but d'obtenir un emploi assez prestigieux pour que son père daigne désirer respirer le même air qu'elle, même si elle doit sacrifier sa vie sociale, amoureuse ou même ses passions qui font d'elle la petite fille attachante et sensible que ses professeurs se plaisent à décrire. C'est très clair! Laura s'en sortira en devenant un robot de la société, élevée dans un moule qui ne lui ressemble pas, pourchassant des rêves qui ne sont pas les siens. Mais pour oublier tout ça, elle s'entêtera à se gaver de la minuscule étincelle de fierté qu'elle pourra peut-être percevoir du coin de l'oeil dans le regard de son père. Ce sera la seule énergie qui la poussera à continuer, à se déshumaniser, à oublier qui elle est. Et si pour ça elle doit se trimballer le pire collègue ringard et casse-pied qu'on ne peut trouver sur la planète, si ça fait plaisir à son père, alors là! Il faut absolument qu'elle le fasse, non ?!?! Est-ce vraiment de cette façon que Laura doit s'en sortir ?


Dernière édition par Sacha "Chess" Cheshire le Mar 12 Juin - 19:41, édité 1 fois
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Lauren Andrews
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Mer 16 Mai - 23:36

Lauren avait déjà parcourru quelques mètres lorsque Chess se mit à parler. Elle s'était convaincue quelques secondes plus tôt que, cette fois-ci, elle ne resterait pas à l'écouter déblatérer de beaux discours et qu'elle retournerait à ce qu'elle avait à faire.

Mais ça, bien sûr, c'était avant que son inconscient -lui- ne décide qu'il avait particulièrement envie d'entendre ce que le SDF avait à dire. Et puis, il fallait avouer qu'il était difficile d'ignorer une voix dans le silence de cette banlieue riche de New-York...

La blonde s'arrêta brusquement, sans se retourner vers lui pour autant. Ce n'était plus de la reconnaissnce qu'elle éprouvait à l'égard du brun, mais plutôt quelque chose d'agaçant, de dérangeant.

Ses paroles étaient devenues pour elle comme la main qui gratte une piqûre de moustique : elle soulageait au début, puis vous amenait finalement à vous blesser jusqu'au sang.

Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi il faisait ça. Elle ne lui avait rien demandé, et cette gamine non plus, elle en était certaine. Alors pourquoi diable se cassait-il la tête à vouloir aider des gens qui -vraisemblablement- n'en avaient pas envie ?! Elle commençait à penser qu'elle aurait mieux fait de passer sous les roues de ce camion à Times Square...

Les mots de Chess bourdonnaient avec force dans ses oreilles, s'immsçant dans son esprit, déclenchant une colère qu'elle n'avait que rarement ressentie auparavant.

Lauren fit à nouveau demi-tour. Il avait gagné. Mais personne ne saurait être positivement ravi de réveiller le volcan de rage qui fumait au fond de son âme depuis plus de quinze ans.

« Et tu veux faire quoi, hein ?! L'enlever à sa famille et rendre sa mère plus malheureuse encore ? Convaincre cette dernière de divorcer et de faire d'elle une pauvre femme solitaire parce qu'étant celui qui remplit le compte joint, il sera celui qui finira avec la garde des enfants qui se sentiront encore plus misérables parce qu'elles auront laissé tomber leur mère et que leur père ne fera pas plus attention à elles ?! Ou peut-être Laura devrait-elle s'enfuir d'elle-même tant qu'on y est... Oh oui, ça arrangerait certainement les affaires de la famille, et elle sera sûrement très heureuse et épanouie à traîner dans les rues. Ah ça, elle aura une longue et bien plus fatastique vie que si elle restait chez elle, pour sûr ! »

Elle s'avança de quelques pas, pour s'approcher à nouveau de Chess. Son ton avait perdu sa froideur habituelle, laissant place à une expression de colère qu'on ne lui connaissait que peu. Pour qu'elle aille jusqu'à lever la voix comme elle venait de le faire, il fallait l'avoir énervée et en être sorti vivant assez longtemps -même Casey n'était pas encore parvenu à exploser le seuil de tolérence de la bonde comme Chess venait de le faire.

Son visage, cependant, gardait cette neutralité et ce calme qui la caractérisaient. Seul son regard, d'un bleu aussi profond que l'océan, trahissait cette colère qui l'animait. Et cette impuissance, qu'elle avait toujours ressentie et ressentait maintenant plus fortement encore, alors que le sans domicile fixe rencontré au hasard -par si hasardeux que ça- des rues enfonçait le couteau dans une plaie béante qu'elle maquillait de son mieux, jour après jour.

« Parce que t'as une solution miracle pour cette gamine peut-être ? Comme pour tous ceux qui sont dans sa situation ? L'être humain est par nature narcissique, méchant, et ne songeant qu'à assouvir ses propres désirs sans se soucier de ceux des autres. Des gamines comme elle, il y en a des tas, et rien de ce qu'on peut y faire n'arrangera les choses. Ca risquerait même de s'empirer. » Elle laissa s'étendre un instant de silence avant de continuer, non sans un certain sarcasme dans la voix. « Et puis, elle ne finira pas comme moi, puisque c'est ce que tu veux dire. Elle a quelque chose que je n'ai pas. Une soeur qui paratage son malheur. Au moins, elles peuvent se soutenir. »
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Mer 13 Juin - 2:34

L'affamé dénichant un pommier dispose de plusieurs tactiques pour l'aider à calmer sa faim. La première lui demanderait de monter dans l'arbre pour aller se cueillir une pomme, tandis que la deuxième solution consiste à agiter le pommier jusqu'à se qu'une pomme tombe. Malheureusement, lorsqu'on choisit une telle tactique, il faut s'attendre à recevoir une pluie de fruit sur la tête! Et Chess se trouvait exactement sous l'arbre de la colère de Lauren, recevant les fruits sans broncher. Au lieu de cela, il se redressa, restant très droit face à la jeune femme. Son sourire avait perdu de son éclat et son visage semblait être changé en pierre. Plus aucun muscle ne bougeait chez le SDF alors qu'il se faisait emporter par le raz-de-marée d'insultes et de frustrations. Oh! Il ne bougeait peut-être pas son corps, mais son esprit était en pleine ébullition! Celui-ci analysait la réaction de Lauren et ne pouvait s'empêcher de constater qu'elle avait raison. Laura risquait de souffrir dix fois plus si on tentait quoi que se soit. Et si elle souffrait, son âme s'endommageait. Ça, Chess ne le désirait pas. L'âme de la petite devait rester le plus stable possible s'il voulait pouvoir espérer la récupérer un jour ou l'autre. Heureusement, l'hilare ne s'avouait pas encore totalement vaincu et le flot d'émotions que laissait sortir l'agente de la CIA témoignait de la fragilité de sa carapace. Il allait donc pouvait y pénétrer, mais, avant, il devait changer de tactique.

-Oui. Finalement, tu as raison. Je reconnais mon erreur, s'exclama Chess d'une voix fluette lorsque Lauren eut terminée. Tu ne pourras rien pour elle, aucune aide extérieure ne pourra rien faire. Son destin devra être remis entre les mains de sa fraternité. Le pouvoir de l'amour a ce petit quelque chose de pétillant qui m'émeut chaque fois! Dommage que ce n'est pas tout le monde qui puisse en profiter... termina-t-il.

Suite à cette phrase pleine de sous-entendus, Chess fit un clin d'oeil à Lauren. Aussitôt, l'homme de la rue sembla se réanimer : son visage s'éclaira à nouveau, son regard repris son expression amusé et son sourire redevint très large. Une vague de spasme frappa Chess qui en profita pour s’esclaffer et s'étirer.

-Allez! Allons-y, Alonzo, avant qu'on nous entende! Notre petite conversation va probablement attirer des curieux à la fenêtre!

Puis, sans vraiment attendre, il s'élança en sautillant. Bien évidemment, Lauren le suivait, il n'avait pas besoin de se retourner pour le savoir. Il sentait que, malgré tout, elle attendait une suite. Et une suite il lui donnera :

-Je peux bien comprendre que tu ne veuilles pas aider cette petite Laura, son histoire est probablement trop semblable à la tienne, dit-il après quelques minutes de marche. Par contre, tu voudras peut-être revoir une ancienne amie du secondaire, quant dis-tu ? Hein ? Elle aussi a quelques difficultés et je crois que tu serais la meilleure personne pour l'aider!
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Lauren Andrews
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaille [Volume 3]   Sam 4 Aoû - 10:22

Les paroles de Lauren avaient l'effet du venin : elle crachait ses mots tel un serpent en danger, et pourtant elle était la seule à recevoir le poison mortel en pleine face. Pourquoi ? Peut-être parce qu'elle était la seule à se sentir aussi impliquée par l'essence même de ce qu'elle disait. Et peut-être également que c'était le but du charmeur de serpents qui se tenait en face d'elle, stoïque, recevant sa verbe sans bouger ne serait-ce qu'un cil. Ce qui -soit dit en passant- agaçait plus encore sa malheureuse compagne, habituée à être celle qui reçoit les colères de chacun sans jamais en prendre ombrage. Se retrouver de l'autre côté du miroir avait quelque chose de dégradant et de particulièrement désagréable pour la femme blonde.

Etrangement, elle se sentait également plus calme. Cet éclat -bien que contraire à tout ce qu'on lui avait inculqué et qu'elle s'était elle-même imposé pendant des années- avait quelque chose de salvateur. Hors de question de laisser paraître quoi que ce soit, cependant ; il ne manquerait plus qu'elle laisse échapper quelque chose de plus pour que l'homme à moitié fou qui l'avait entraîné jusqu'ici ne se ragaillardisse encore et tente de lui faire avouer quelque chose. Bien que rien de très grave ne lui soit arrivé jusqu'à présent -il lui avait tout de même évité un sacré détour à l'hôpital, voire à la morgue la plus proche- Lauren n'avait aucune confiance en cet étrange personnage.

Mais bon, il fallait aussi avouer que Lauren Andrews n'ayant confiance en personne, cette méfiance restait relative. Tout est question de point de vue, après tout.

Le regard de la blonde repassa donc doucement du bleu océan à la glace lorsque le junkie se mit à parler à nouveau, reconnaissant son erreur, permettant à l'agente de retrouver son aplomb et son assurance hautaine. Pas pour rien qu'elle était si haut perchée dans l'organigramme de la CIA : elle avait toujours raison. La dernière partie du discours de Chess lui fit néanmoins froncer les sourcils.

"Qu'est-ce que tu..." commença-t-elle, s'apprêtant à lui demander ce qu'il sous-entendait par là. Puis il se mit à rire, et la blonde secoua la tête, réalisant qu'elle n'avait pas particulièrement envie de montrer un intérêt quelconque pour ce qu'il pouvait dire : elle l'avait déjà trop fait et voilà où ça l'avait mené. "Oh, et puis peu importe."

Moins elle posait de questions, moins elle aurait de problèmes et plus tôt elle serait débarassée de Chess. C'était comme ça qu'elle devait envisager la situation maintenant. C'est pourquoi elle se contenta de lever les yeux au ciel sans rien dire lorsqu'il lui donna un surnom ridicule -sérieusement, qui osait lui donner un surnom en sa présence ?! Même Casey se contentait de le faire derrière son dos (bien qu'elle soit parfaitement au courant)- et de le suivre, effectivement, se répétant comme un mantra que plus tôt ils s'éloigneraient de cet endroit, plus tôt son calvaire serait terminé.

Ceci étant, Chess était loin d'en avoir fini semblerait-il... Il avait pris la parole sans même la regarder, tellement sûr qu'elle allait le suivre, une certitude qui ennuyait la blonde bien plus qu'elle ne l'avouerait, était-elle à ce point prévisible ? Elle pourrait peut-être prendre un autre chemin lorsqu'une diversion s'imposerait, rien que pour le contrarier...

Ses divagations n'empêchèrent pourtant pas la femme de glace de répondre, entraînée à faire face à plusieurs situations à la fois.

"Je ne vois pas de quoi tu parles." Elle haussa les épaules, maussade, son état de base lorsqu'on l'obligeait à relater de près ou de loin des souvenirs datant d'avant son entrée à la CIA. "Je n'avais pas d'amis. Je n'en ai jamais eu. Je pensais que tu serais au courant d'une telle chose, Monsieur Je-Sais-Tout."

Son ton était amer, faisant clairement référence à la frustration qu'elle éprouvait à ne rien savoir de cet homme qui -pourtant- semblait la connaître sur le bout des doigts. Rien de plus agaçant pour quelqu'un qui a toujours eu toutes les situations en main, du début à la fin, que de se retrouver face à quelqu'un qui paraissait avoir plusieurs coups d'avance.

Pour un peu, elle avait l'impression de faire face à son père.
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